WASSAILER

25 janvier 2021
WASSAILER 
Album « i, the bastard » le 27.01.21
Empty Streets Records/Because Music

 

Londres, c’est sa ville d’adoption et c’est pourtant là où il a vécu le plus longtemps, une décennie exactement. Will, diminutif de l’artiste derrière WASSAILER, déjà connu pour avoir notamment co-composé, arrangé et rythmé les albums et tournées du trio indie folk (We Were) Evergreen, a fait ses classes dans l’école de musique qui a vu naître de grands noms, de Joy Division à Michael Kiwanuka, en passant par James Blake : un royaume qui se désunit, en gueule de bois, et qui pond pourtant encore aujourd’hui les sons de demain. 

WASSAILER, c’est un anagramme découvert récemment, et par erreur, dans des comptes folkloriques anglais, alors que lui-même, ex-hédoniste et solitaire en vadrouille, se retrouve bien dans cette image du musicien qui échange volontiers sa musique pour un verre de vin. 

Dans son enfance, c’est d’abord un goût prononcé pour l’harmonie et les mélodies qui le poussent à faire de la musique. Il préfère la chorale et le jazz au piano classique qu’on lui impose ; les couleurs chaudes et les textures sonores acides, plutôt que la technique de lecture de partition. Il abandonne la rigueur d’un conservatoire vieux-jeu pour une association qui propose d’improviser à l’oreille, sur des sculptures de bois et de cordes. Il produit ses premiers morceaux dans un sous-sol, sur des cassettes audio, en enregistrant tour à tour chaque partie de batterie, basse, guitare et chant, à l’aide de son premier micro acheté avec ses économies. 

ll quitte le domicile familial à quinze ans, ainsi qu’une filière scientifique qui le met en échec, et abandonne son premier groupe de rock pour se concentrer sur la musique actuelle, goûter à la littérature, découvrir les arts vivants et la fête. Tout en continuant ses expériences d’arrangeur autodidacte, il suit de manière discontinue des classes de direction d’orchestre et de composition mais après un dernier échec au conservatoire, il trouve réconfort dans le monde de la nuit. Serveur, puis DJ.

Arrivé dans le Nord Est de Londres en 2011, il squatte les canapés des amis, les bottes de foins des festivals anglais, les platines de clubs, et tombe petit à petit amoureux de la grisaille de Glasgow, la pluie de Manchester, découvre la poésie de Newcastle, la jeunesse de Bristol, les bars de Sheffield, il écume les salles de Brighton et partage la scène avec Metronomy, Nick Mulvey, ou Slow Club. Will rencontre alors une chanteuse de Soul/Jazz qui cherche un multi-instrumentiste pour développer des ateliers dans la communauté du Sud-Est de Londres. Femmes battues, enfants autistes ou simples étudiants curieux, il se retrouve à transmettre la musique comme il l’entend : pas de partition, pas d’élitisme, simplement l’envie de retrouver confiance en soi, de s’en sortir par la créativité, que ce soit à la prestigieuse Goldsmith University ou dans des centres d’animations en banlieue. 

Imbibé de cette culture populaire contemporaine du UK, son premier album “i, the bastard” raconte son amour pour cette terre d'accueil, malgré les rejets, les doutes, les choix et ce climat tendu, toujours au bord de la rupture. WASSAILER s'inscrit dans la nouvelle génération d'auteurs compositeurs interprètes, influencés autant par la scène urbaine, Jazz, Neo Soul de Deptford que par la musique traditionnelle Irlandaise, la Grime ou le UK Garage. Sa voix se mêle à des grooves de la rue qui créent ensemble une nouvelle forme de chanson, poétiquement bruyante, politiquement taquine, brute, décidée, quitte à être vulnérable. 

Il cite Nina Simone comme son unique idole, mais il y a en réalité beaucoup d’influences qui l’obsèdent : l’ode à la contradiction humaine chez Björk, L.A. Salami (avec qui ils joue régulièrement), les danses sombres de Floating Points, Peverelist ou Skepta, la fausse légèreté de Tom Misch & Yussef Dayes et de Arlo Parks. On passe de secousses enivrantes et fragiles à des ballades complexes, des morceaux qui traitent de liberté et d’addictions, d’humanisme et de ras-le-bol. Une vraie apologie du paradoxe humain. 

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