Episode 21 - Spéciale Journée Mondiale de Lutte contre le Sida

01 décembre 2019
C’est la journée mondiale du Sida aujourd’hui, qui existe depuis 1988, 31 ans.
En 2012, le SIDA était la 6ème maladie à causer le plus de morts dans le monde.
Les chiffres n’ont pas baissé depuis, mais la courbe ascendante est moins marquée qu’auparavant.
Les chiffres sont divulgués, les autorités se montrent encourageantes.
Pour ce qui est de l’Afrique, on le sait, c’est le continent qui paye le plus lourd tribut à l’épidémie.
Un exemple représentatif :
Dix pays de la région – l’Éthiopie, le Kenya, le Malawi, le Mozambique, le Nigeria, l’Afrique du Sud, l’Ouganda, la Tanzanie la Zambie et le Zimbabwe – comptabilisent 81% des personnes atteintes dans le monde.
C’est énorme.
C’est les pays de l’Afrique du Sud et du Nigéria qui sont les plus touchés, il représente respectivement 13% et 14% des morts causés par le VIH dans le monde
TAXI BROUSSE se joint au combat et dédie cette émission à toutes celles et ceux qui de près ou de loin on à faire à cette maladie.
 
 
Attention Na Sida – Franco (Congo)
C’est sur les mêmes arrangements de la chanson « Jackie », une chanson connue pour ses paroles plutôt sexuellement explicites, et qui envoyèrent Franco et ses musiciens en prison en 1979, c’est sur ces mêmes arrangements donc, qu’en 1987, le Grand Maître, chantera ce titre « Attention Na Sida », une des plus célèbres, des plus puissantes, à une époque où le virus du SIDA était un phénomène nouveau et connu depuis peut-être environ deux ou trois ans.
Le sida était une nouvelle maladie à l'époque et les gouvernements négligents fournissaient très peu d'informations. La chanson était un message puissant, informatif et indispensable. Un message prophétique de ce personnage adulé de la population congolaise.
 
 
Help Africa – Ebo Taylor (Ghana)
Figure artistique majeure du Ghana, maître incontesté du highlife et de ce qui deviendra l'afrofunk et l'afrobeat, Ebo Taylor n'aura probablement jamais la reconnaissance qu'il mérite, même s’il reste un artiste vénéré par les diggers et le selectors.
Et d’ailleurs pour leur plus grand plaisir, on a retrouvé l’année dernière, des titres inédits dans une arrière-salle de la maison de disque nigériane Tabansi Records.
On a exhumé des trésors, et parmi ces raretés, un album inédit d'Ebo Taylor, Palaver, dont les bandes ont été oubliées, pendant près de quarante ans, puisque les titres originaux ont été gravé en 1980 par Ebo Taylor.
L’album ré-édité s’appelle Palaver.
 
 
Chauffe Biguine La – Alain Jean-Marie, Robert Mavounzy & Manuela Pioche (Guadeloupe)
Alain Jean-Marie c’est le pianiste, Robert Mavounzy le saxophoniste et Manuela Pioche chanteuse.
La plus vieille revue de Jazz au monde encore édite est française, et oui !
Elle s’appelle Jazz Hot, et elle classe Robert Mavounzy meilleur saxophoniste français à l’époque. C’est lui qui réunit Manuela Pioche et Alain Jean-Marie pour cet album. Manuela était une grande dame de la chanson guadeloupéenne et, plus précisément, de la biguine. Et Alain Jean-Marie est l’un des plus importants pianistes de jazz français et francophone, et considéré comme l’une des rares légendes vivantes du Jazz.
Et c’est vrai qu’à bien écouter ce morceau c’est un petit bijou créole !
 
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Sida – Hilarion Nguema (Gabon)
Et moi j’avais oublié que c’est une équipe française qui a découvert le virus du Sida et ils ont été primé du Nobel de médecine en 2005 c’était une l’équipe menée par le Professeur Luc Montagnier
« On va s’aimer sur une étoile ou sur un oreiller, » mais surtout avec un préservatif. Oui je sais c’est dommage mais c’est comme ça.
Et c’est le monstre sacré de la musique gabonaise « que va devenir le monde s’il doit mourir en faisant l’amour » et son médecin de lui répondre « mais tu es stupide mon cher, après tout, tu dois mourir un jour comme un autre, si tu vis trop y a l’abcès de foie, si tu manges trop c’est l’estomac, y a les voitures, les avions, il y a toujours la mort. Tu vas mourir un jour comme un autre »
 
 
Lovency – Paul Blamar (Guadeloupe)
« Écoute mon frère, écoute le tam-tam, le vent chaud des savanes apporte son message... » Elle est magnifique cette petite biguine.
Un des innombrables albums édités au label Henri Deb. 50 ans de carrière comme musicien mais surtout comme producteur, feront du grand Henri Deb, un acteur incontournable de la musique créole et les artistes de Martinique et de Guadeloupe savent ce qu'ils doivent à ce monsieur d’origine libanaise et décédé en 2013.
 
 
El Cuartetazo – Sonora Constelacion (El Salvador)
Ça c’est un standard latino, il a été repris du Mexique à l’Argentine en passant par Cuba.
El cuartetazo ça veut dire le quartet en espagnol.
 
 
Polo Margariteño – Cecilia Todd (Venezuela)
Vous reconnaissez le son particulier de cette guitare derrière ? On la souvent entendu dans TAXI BROUSSE. C’est ce qu’on appelle en espagnol le Cuatro, c’est une petite guitare à 4 cordes qui dérive de la guitare baroque espagnole. Le baroque espagnol, contrairement au même courant dans les autres pays d’Europe, est mêlé de de musique créole. De la rencontre musicale entre le vieux continent et le nouveau monde.
Cecilia Todd que l’on entend là est un maître dans le maniement du cuatro.
Album de 1979, que j’adore, et qui s’appelle « Acceso VIP », accès VIP.
 
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Sida – Ti Manno & Gemini All Stars (Haïti)
Mort à 32 ans le 13 mais 1985, Antoine Rossini Jean-Baptiste, dit Ti Manno, était la voix des haïtiens et haïtiennes dans son pays et à l’étranger.
Une musique de résistance, de combat oú émerge certaines revendications de la société haïtienne, comme la souffrance des femmes oppressées, abusées, violées, exploitées par les colons encore présents et les touristes, l’attitude des Américains, Bahamiens, Canadiens, Vénézuéliens, Péruviens, et Boliviens á l’égard des Haïtiens.
Et cette chanson qui lui a été inspirée par le compte-rendu d’une étude américaine retraçant l’arrivée du Sida aux États-Unis, et qui concluait que le virus avait été introduit sur le territoire américain par un immigré haïtien.
 
 
L’Amour est Doux – Luc Donat (ïle de la Réunion)
Luc Donat c’est le violoniste que l’on entend jouer, de son vrai nom Marie Émilien Luçay Donat. C’était un homme drôle Luc Donat.
Puisque son père, Joseph Emilien Donat, possède un magasin de musique rue de Paris à Saint-Denis... de la Réunion.
Luc Donat, lui, entre à l’école de musique située rue Amiral Lacaze, à Saint Denis. A ne pas confondre avec la rue Amiral Lacaze à Saint Denis.
Plus tard, Luc Donat jouera pour l’orchestre symphonique de Saint-Denis et enchaînera des représentations publiques, mais le violon ce n’est pas ce qui fait vivre et c’est pourquoi en juillet 1945, il devient secrétaire du parquet au tribunal de Saint-Denis, puis greffier en cours d’appel, tout ça pour subvenir à ses besoins.
Mais en 1954, le jeune musicien démissionne de son poste pour se consacrer plus pleinement à la musique. Il quitte La Réunion pour s’installer à Tananarive, capitale de Madagascar, où il côtoiera trois ans durant de nombreux artistes professionnels qui l’initieront au jazz, à la musique traditionnelle et à la variété.
Il signe avec deux musiciens malgaches, un contrat avec la firme Disque Vogue. Sa carrière parisienne de musicien réunionnais débute sur les chapeaux de roue, prenant le titre de "Roi du séga", pour donner plus d’impact à ses disques. Il connaîtra d’ailleurs un franc succès, accompagnant entre-autre, sur le « Paquebot France », Marie Laforêt décédée il y a peu.
 
 
Egwu Olili – Zeal Onyia (Nigéria)
Le Highlife est un genre inspiré des musiques d’église, des fanfares militaires, du jazz et du calypso, et comptait parmi ses figures populaires les ghanéens Emmanuel Tettey Mensah, Ebo Taylor, ou encore les trompettistes nigérians Victor Olaiya et Zeal Oniya.
Aussi actif comme syndicaliste que populaire en tant que trompettiste, Zeal Onyia fut ainsi l’un des plus brillants représentants du genre highlife, souvent glorifié par son alter-ego Louis Armstrong avec qui il resta ami jusqu’à sa mort. La mort d’Armstrong, puisque Zeal est mort en 2000.
 
 
Heaven is My Home – Imbizo (Afrique du Sud)
On attend que Johnny Clegg se mette à chanter quand on entend ça. Eh bah non !
« Imbizo », le nom du groupe, ça veut dire réunion, rassemblement en zoulou.
Oui, c’est du Zoulou, et ça vient d’Afrique du Sud. Je précise Afrique du Sud, parce que le peuple Zoulou vie à cheval entre 7 pays : Arique du Sud, Lesotho, Zimbabwe, Malawi, Botswana, Mozambique et Eswatini.
C’est un peuple bantou les zoulous, et ce qui lie les peuples bantous entre eux, c’est la similitude de leur langue. Il y en a plus de 450 à travers l’Afrique.
C’est par de nombreuses migrations au départ des Haut-Plateaux du Cameroun que ces ethnies se sont construites et se sont différenciés au fil des siècles.

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