Episode 15

20 octobre 2019
Tu connais le Cameroun ?
Non ? Bah ça tombe bien on a glissé quelques morceaux pour te faire connaître un peu mieux.
Tu veux écouter ? Bah dis, tu veux écouter oui ou non ? Bon bah voilà.
Alors on commence d’entrée de jeu et on décolle pour Douala, on va à la capitale directe !
Vous êtes chaud ? Allé on embarque.
 
Cameroun Airline – Ekambi Brillant (Cameroun)
On le surnomme « Mot'a Muenya », qui veut dire « l’homme important »
Alors l’album s’appelle Meilleurs Makossa, mais je dois dire que sur ce titre on est à des années lumières du Makossa camerounais.
T’as remarqué on dirait de la country afro. Tu verrais la pochette de l’album... grosse pattes et chapeau de cowboy... si si j’vous jure ! Eddy Mitchel du Camerouns
 
Sentado na Pracinha – Américo Brito (Cap-Vert)
Quel beau pays le Cap-Vert ! Des îles du bout du monde perdu au milieu de l’Atlantique.
« Sentado na pracinha », ça veut dire « assis sur la petite place », et c’est un peu ça qu’on aime dans ce pays, cette douceur de vivre, le temps qui s’arrête... le soleil, le vent, la mer qui rythment le temps, simplement, et les notes de la musique « crioula » qui nous berce.
 
Resurrection Los – Los Camaroes (Cameroun)
Ce grand pays qu’est le Cameroun, coincé entre le Nigeria et le Congo, deux pays bouillonnants, musicalement !
Sur ce titre on retrouve des sonorités de soukous congolais d’ailleurs.
 
Table Ronde – Grand Kallé et l’African Jazz (Congo)
Le Grand Kallé et l’African Jazz. On en a parlé dans les émissions précédentes.
Fondé par Joseph Kabasele Tshamala, connu sous le nom du Grand Kallé.
Beaucoup de grands noms de la musique congolaise son passé par ce groupe ! Un des premiers groupes professionnels de ce pays, qui lui vaudra d’ailleurs d’être invité à chanter lors de la table ronde belgo-congolaise, qui a abouti sur une projection de l'avenir du Congo belge dont la date de l'indépendance du futur État, et c’est à cette occasion donc que le groupe a écrit ce morceau.
 
Vaparidzi Vawanda – The Green Arrows (Zimbabwe)
Le Zimbabwe, « le joyau de l’Afrique » comme il était surnommé autrefois.
Aujourd’hui un des pays les plus pauvres du monde, mais c’est sans compter la richesse de sa musique.
C’est un album des années 70 réédité dans les années 2000 par Analog Africa.
Et c’est au début des années 80 qu’arrive au pouvoir comme premier ministre le tristement célèbre Robert Mugabe qui plongera le pays dans une sombre dictature socialiste qui durera tout le temps de son « mandat » de 30 ans et qui ne trouvera une fin qu’en 2017 après une longue période de protestation de la population et de l’armée.
 
Sabor a Caña – Los Orientales de Paramonga (Pérou)
Vous la reconnaissez ? Mais oui, c’est elle !
La Cumbia psicadelica du Pérou, qui descend au galop des Andes, à dos d’âne, avec ses rythmes distordus et chaloupés.
 
Las Cosas del Corazón – Cristina Maica & Reyna Lucero (Venezuela)
La musique que l’on appelle « llanera », la musique des plaines, que l’on joue dans cette région éloignée de la côte, entre Colombie et Venezuela.
Une région agricole, où vivent de vieilles familles, généralement implanté dans la région depuis plusieurs générations, dans de très grandes fermes...
Et justement Reyna Lucero est surnomée « la Reine de la musique créole ». C’est un peu de ça, dont son gardien aussi les fermiers de cette région, c’est de l’héritage de culture « criolla », restée étonnement intacte parce que loin du cosmopolitisme des grandes villes et de la côte.
 
Mininga Meyong Mese – Nkodo Si Tony (Cameroun)
« La poule ne chante pas devant les coqs » dit un proverbe Beti, peuple d’Afrique Centrale.
Et c’est pour contourner cet interdit que les femmes Beti organisaient des rassemblement festifs le soir au clair de lune, après les travaux champêtres ou encore sur le chemin de retour du marché après avoir vendu leurs produits et fait des achats. Elles formaient un cercle dans lequel chacune d'entre elles entrait pour exprimer ses peines, ses frustrations, ses déceptions, ses mécontentements. Et ce, tout en chantant (paroles imagées et allégoriques), en frappant les mains, sous les acclamations des autres femmes du cercle reprenant en chœur le refrain, en claquant les mains et en trépignant.
C’est comme ça qu’est ne le Bikutsi, le genre de musique que l’on écoute.
 
Chinese Cricket Match – Dictator (Trinidad et Tobago)
C’est quoi ça ? Hein ? Tu reconnais ? Mais oui c’est ta musique préférée ! Du Calypso.
Y a un truc cocasse avec le Calypso c’est que 80% des artistes ont trouvé judicieux de s’affubler de petits noms tous doux comme « Dictator », « Atilla le Hun », « The Executor », « Lord Invader », « The Mighty Terror »... Alors qu’ils font des petits sons tous doux ! Naaaaan ! Ça c’est c’que tu crois c’est pour tromper l’ennemi colonialiste de l’époque qui écoutait la musique et devait sans doute se dire alors qu’il ne bitait pas un mot puisqu’il chantait en créole, « c’est bon, en entendant la niaiserie de ce son, ils doivent sans doute raconter des banalités ». Et non ! Justement ! Les paroles, elles, étaient bel et bien aiguisées, et critiquaient généralement le pouvoir colonial de l’époque.
 
Miri Magnin – Keletigui et ses Tambourinis (Guinée Conakry)
 « L’orchestre Keletigui et ses Tambourinis », orchestre nationale de la République de Guinée messieurs dames, ce n’est pas rien !
Et ça joue du Mbalax, ce style de musique qui vient du Sénégal voisin. D’ailleurs si on ne connaissait pas on pourrait confondre presque et se dire que ça vient de Dakar plutôt que de Conakry.
Moi j’aimerais bien que mon orchestre national joue du Mbalax de temps en temps aussi.
 
Dawsi (Instru.) – Baba Bhy-Gao (Centrafrique)
La musique centrafricaine est devenue de plus en plus rare ! L’industrie musicale du pays n’investit plus un kopek sur les artistes comme à une époque dû à la pauvreté de la population qui n’arrive plus à acheter
On importe de la musique des pays limitrophes comme le Cameroun ou la RDC et on n’injecte de l’argent que dans les gros groupes centrafricains qui assurent de grosses entrées.
 
Donkey Calypso – E.T. Mensah & The Tempos (Trinidad et Tobago)
Ça c’est un calypso beaucoup moins « street » que celui qu’on a entendu avant. Ici c’est formation sérieuse. D’ailleurs, toi qui t’y connais, tu n’trouves pas que ça tend plutôt à la Rumba ?
 
Je Vais à Yaoundé – André-Marie Tala (Cameroun)
Le Maxime Le Foxterrier camerounais, néanmoins souvent comparé à Stevie Wonder, du fait de leur handicap commun, la cécité.
Complètement rock André-Marie! Le titre date de 1985.
 
Maloya Ton Tisane – Michou (île de la Réunion)
Une version soul du séga, qui casse le rythme et ralenti nettement le tempo. C’est intéressant !
Suivant les uns, on est dans un rythme ternaire, d’autres parlent de binaire. Mais objectivement, il n'y a pas une énorme différence la plupart du temps entre séga et maloya : même rythme, même langue. La plus grosse différenciation est que d'un côté vous avez une musique avec uniquement des percussions et de l'autre avec des instruments européens.

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