Hanatarash, la fureur venue du Japon

Hanatarash, la fureur venue du Japon

Quand on pense au Japon, on peut avoir immédiatement plein de clichés zen qui nous viennent à l’esprit. On pourra par exemple penser à la city pop, cette musique funky et un peu kitsch pour certains des années 1970-1980 qui réchauffe nos cœurs. Et puis de manière générale, on peut dire, sans vouloir véhiculer de stéréotype, que le peuple japonais peut faire preuve d’un calme à toute épreuve et d’une patience défiant toute concurrence. On entend parfois dire que le Japonais est humble, assez strict, et que la démesure est assez mal vue par ces derniers. Pourtant et paradoxalement, c’est au Japon que l’on trouve les trucs les plus fous, avec diverses pratiques poussées jusqu’à l’exagération ; je pense à la culture automobile, à leurs émissions télévisées, mais aussi à la musique. Le Japon regorge de tueries musicales dans tous les domaines, avec des Gimmicks poussés à l’extrême, prenez comme exemple le look du groupe X Japan et toute leur scène visual kei. C’est donc dans ce pays qui encourage le conformisme qu’on va retrouver des performances ultra punk et avant-gardistes, comme avec le projet noise Hanatarash.

Hanatarash, ça veut dire « pleurnichard », et c’est le groupe qu’on qualifie parfois de bande la plus dangereuse du monde. Et à très juste titre. La formation a donc vu le jour en 1983, quand Yamantaka Eye, musicien qui sera plus tard célèbre pour son groupe de noise rock Boredoms rencontra le guitariste Mitsuru Tabata, lors du concert du groupe de musique industrielle Einstürzende Neubauten. Jusqu’en 1998, Hanatarash a repoussé les limites les limites du punk, en utilisant une variété d’objets pas faits pour faire de la musique, comme des outils électriques, des perceuses, ou en se contentant de hurler le micro dans la bouche. Littéralement dans la bouche. Mais avant toute chose, Hanatarash était surtout connu pour ses prestations scéniques. Le duo regorge d’histoires ultra glauques, mais aussi de vidéos. On peut retrouver les images d’un concert où un des deux musiciens balance des plaques de verre de 1m50 dans la foule en hurlant des trucs en Japonais. Et on effleure juste le sommet de l’iceberg.




On raconte que Eye aurait coupé un chat mort en deux à la machette, et qu’il aurait plus tard attaché une scie circulaire à son dos, qui lui aurait presque coupé la jambe lorsque la scie s’est détachée. Mais Hanatarash est surtout connu pour son concert au bulldozer en 1985. Pourquoi concert au bulldozer ? Parce que le groupe est venu détruire une partie du lieu de la prestation en faisant passer un bulldozer à travers le mur du fond, puis sur scène. Et heureusement pour nous, on retrouve plein de photos du concert, donc force à ceux qui ont eu l’immense courage de nous rapporter des images.






Bref, Hanatarash faisait tellement n’importe quoi que le public dût remplir des formulaires pour assister à leur spectacle à Tokyo en 1985. Manque de bol, celui-ci a été arrêté au milieu car Eye prévoyait de lancer un cocktail Molotov sur scène. La performance aurait coûté au total 9 000 $ en réparations. Donc forcément, les autres salles de concert ne voulaient plus accueillir Hanatarash, et le groupe a dû assagir ses performances pour pouvoir continuer à jouer sur scène. Regrettable certes, mais au moins tout s’est arrêté avant que quelqu’un ne se blesse gravement.

Alban

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