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Patrice : « Je célèbre la vie et l’essence de ce que j’aime dans la musique »

Patrice : « Je célèbre la vie et l’essence de ce que j’aime dans la musique »
 
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En septembre dernier, Patrice sortait Life’s Blood,  son huitième album studio dont est extrait Meanin’ que vous pouvez écouter sur RAJE. Le chanteur allemand nous offre une nouvelle fois une musique pleine d’espoir, de soleil et de spiritualité. 

RAJE : Life’s Blood est un album très réussi aux influences diverses. Peux-tu me parler du processus de création de cet opus ?

Patrice : J’étais dans une phase d’expérimentation. J’ai réalisé le morceau Burning Bridges avec mes amis les Picard Brothers et on a tout de suite adoré ! Nous avions réussi à trouver un nouveau genre de son. Et je me suis dit que je voulais faire tout un album autour de ce style musical. Je me suis replongé dans les morceaux que j’avais faits depuis le début de ma carrière et même ceux que j’avais composés pour d’autres artistes. J’ai enregistré partout où j’étais : à Cologne, dans la maison où j’ai grandi, à New York, ma ville de résidence, à Lagos au Nigeria, à Kingston en Jamaïque et à Londres où j’ai mon studio. Cet album s’est fait dans de nombreux endroits différents comme des chambres d’hôtel. Toutes ces influences ont été assemblées pour donner naissance à cet album.

Justement, ton clip Burning Bridges a été tourné en Jamaïque…

J’ai réalisé le clip moi-même. Nous avons tourné cette vidéo dans trois endroits principalement : Port-Royal, Kingston et Ocho Rios. J’ai souhaité mettre en scène des Junkanoo, ces figures traditionnelles jamaïquaines qui ont une longue histoire dans le pays. Là-bas, ils ont pour habitude de faire des parades dans les rues avec de la musique. Ils souhaitent rendre hommage aux personnes qui ont défié leurs oppresseurs. Chaque personnage des Jonkanoo a une signification et les enfants ont une peur bleue d’eux. Ils occupent une place très importante et relient la culture jamaïcaine à celle d’Afrique. J’ai souhaité se faire rencontrer le traditionnel et le moderne.

Life’s Blood est un album plus spirituel que les autres ?

Patrice : Non, pour moi la spiritualité est omniprésente, dans chacune de nos actions. Ce n’est pas une sorte de formule magique, c’est plus une spiritualité naturelle grâce à laquelle je donne naissance à mes morceaux. Ce n’est pas un album plus religieux ou lié à la  foi. Life ‘s Blood fait référence à l’eau car elle représente la vie. C’est le dieu de notre existence en tant qu’êtres humains. L’eau est la chose plus importante que nous ayons avec l’air.  Cette métaphore est une façon de faire comprendre aux autres à quel point cet élément est précieux.  C’est pour ça que mon album s’appelle Life’s Blood.

Tu brasses de nombreux styles sur cet album. L’éclectisme est-il ta marque de fabrique ?

Oui, je suppose. Cela a toujours fait partie de ma philosophie. C’est une expression de ma personne qui vient de cultures différentes (né d’un père Sierra-Léonais et d’une mère allemande, ndlr)  qui a vécu à des endroits différents. J’ai beaucoup voyagé et je ne vois pas de frontières entre les gens. C’est très naturel pour moi.

Sur ton dernier album, il y a un très beau morceau nommé Be With Me. Quelle histoire se cache derrière ce titre ?

Mon ami a fait cette ligne de piano, j’ai ensuite écrit les paroles à Londres. On s’est réunis avec Allen English, un superbe producteur, et Arrow Benjamin pour travailler sur ce morceau. Cette chanson parle des déceptions amoureuses que j’ai eues en amour (rires). Je parle de tous les scénarios que j’ai pu connaitre tout au long de ma vie.

Tu parles d’amour, de joie mais tes morceaux sont aussi engagés comme dans We Are The Future In The Present.  Pour toi, est-ce important en tant qu’artiste de faire passer un message dans ta musique ?

C’est une chose naturelle pour moi. Mes influences viennent toujours de personnes qui sont engagées comme Bob Dylan, Fela Kuti, Bob Marley, Nina Simone ou Curtis Mayfield. J’ai écrit principalement sur le monde dans lequel je vis.  Dans We Are The Future In the Present, je parle des gens qui essayent de nous diviser. Ils ne sont pas d’accord avec le futur que nous représentons et s’accrochent toujours au passé avec des valeurs obsolètes. J’essaye de montrer que nous sommes déjà l’avenir dans le présent. C’est comme ça ! C’est la vie qui est comme ça. Je tente de représenter cette image du futur qui est un mélange de cultures. Le bien devrait juste guider les choix. On choisit le yoga parce que ça colle à notre style de vie. Toutes ces choses qui n’ont pas été inventées dans notre pays d’origine mais qui, d’une certaine façon, collent à notre façon d ‘être. On se crée notre propre culture en prenant ce qui nous plait dans celles des autres. Pour moi, c’est ça le futur !

Quel est ton opinion sur le monde dans lequel on vit ?

Désespérant ! Le muslim ban ou toutes les autres actions de Trump sont terrifiantes. Ça me rappelle beaucoup les débuts d’Hitler pour être honnête. C’est peut être fort mais je le vois vraiment comme ça. C’est vraiment dangereux. Et d’un autre côté, d’autres mauvaises actions ne sont pas assez dénoncées dans les médias. On devrait surtout protester et ne surtout pas oublier ce qu’il se passe. Je crois qu’il faut que les choses aillent vraiment mal avant qu’elles aillent mieux. Nous recherchons un monde où les choses ne se passent pas trop mal, pour qu’on puisse se retrouver et créer une culture qui rendra le monde meilleur.

Comment t’es-tu lancé dans  la musique ?

J’ai commencé à l’âge de 12 ans en jouant de la guitare. J’ai toujours senti le besoin d’écrire des chansons.  J’ai commencé quand j’étais en pensionnat à l’âge de 15 ans. J’ai trouvé mon style. C’était une école très réputée, je ne pouvais en sortir que pendant les vacances. J’ai commencé à faire des tournées avec les Black Eyed Peas, quand ils faisaient  encore du hip hop, et avec Lauryn Hill pour Miseducation. Dès que j’ai eu mon diplôme en poche, j’ai sorti mon premier album. Je n’avais plus à jouer avant les autres et j’ai commencé à faire des festivals. J’ai sorti un album, puis un autre…

On te connait aussi pour ton énergie folle sur scène. D’où vient-elle ?

Quand je ne suis pas sur scène, je ne suis pas spécialement comme ça. Quelque chose se passe à ce moment-là, comme une sorte de transformation. Je célèbre la vie et l’essence de ce que j’aime dans la musique. C’est quelque chose qui se passe dans l’instant. C’est le plus beau moment. Au début, on recrée une ambiance sur un disque et en live, ça se passe vraiment. C’est une sorte de liberté et un moment de partage. C’est un privilège de pouvoir partager et profiter de ce style de vie. On devrait en tirer le maximum ! La vie est fun..

Prévois-tu de jouer en France ?

Oui, évidemment Je commence ma grosse tournée en France le 22 mars. J’ai pas mal joué ici et j’adore le faire. Je m’en souviens au début, on passait dans tous les petits villages avec notre van. (rires) C’est un pays qui me rend nostalgique.

Ashley TOLA

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