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Lenparrot : « J’avais vraiment besoin d’écrire des chansons qui me ressemblent et qui ne faisait sens que si je les chantais seul »

Lenparrot : « J’avais vraiment besoin d’écrire des chansons qui me ressemblent et qui ne faisait sens que si je les chantais seul »Crédit photo : Elsa & Johanna
 
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Après être passé par Rhum For Pauline et Pegase, Romain Lallement vole aujourd’hui de ses propres ailes avec Lenparrot. Le jeune Nantais nous charme avec une musique plus délicate et rêveuse. Deux EPs plus tard, l’artiste semble avoir trouvé sa voie.

RAJE : Auparavant, tu évoluais dans des groupes. Pourquoi t’es-tu décidé à te lancer en solo ?

Lenparrot : Ce n’est pas un choix qui s’est fait spontanément. À l’issue de toutes ces expériences, au sein de Pegase en tant que claviériste, et de Rhum For Pauline en tant que chanteur, pendant quasiment 10 ans, j’avais vraiment besoin d’écrire des chansons pour moi, qui me ressemblent et qui ne faisaient sens que si je les chantais seul. Je m’y suis mis vers 2013, après une petite phase de doute et le syndrome de la page blanche que j’ai eu avec Rhum for Pauline. C’est après avoir écrit deux-trois titres que j’ai vraiment eu envie de les défendre en créant ce projet solo qu’est Lenparrot.

Lenparrot est une sorte de nouveau départ ?

Ça fait quand même 3 ans maintenant ! (rires) Mais ce qui est sûr, c’est que c’était vraiment un moyen de m’offrir une nouvelle cour de récréation.

Après deux EPs « Aquoibonism » (2015) et « Naufrage » (2016), tu sors ton premier album solo « And Then He » à la rentrée. Comment t’es-tu décidé à sauter le pas ?

J’y pensais depuis le début. J’ai toujours eu en tête l’idée d’un premier album parce que c’est une étape très importante pour moi. Je suis très attaché à la notion d’album, principalement dans la musique que j’écoute. C’est vraiment le format que j’affectionne le plus, le format pop idéal. Un album, c’est raconter une histoire pendant une demi-heure, trois-quarts d’heure, avec une dizaine de chansons… Avant la sortie d’ « Aquoibonism », je me suis dit : « mets des chansons de côté  de manière à avoir un petit panel quand viendra le moment de songer à un disque. » Entre 2014 et 2016, il y a eu des titres que j’ai volontairement gardés pour ce disque.  « Naufrage » est sorti en 2016, et après, j’ai passé 6 mois à remodeler et composer quelques chansons supplémentaires pour arriver à treize titres au final.

Quel est le ton donné dans ces treize morceaux ?

Disons que j’avais envie de mettre un peu plus de teinte que sur les deux premiers EPs. C’est sûr qu’il y a un truc atmosphérique, éthéré et cotonneux. Ce sont des adjectifs qui reviennent souvent. Mais il y a aussi un côté mélancolique. Ce serait mentir de dire que c’est devenu hyper joyeux et enthousiaste. (rires) Je pense qu’il y a quelque chose de plus sentimental. Ça parle un peu du sentiment amoureux. Il y a moins de tristesse. Je ne sais pas si c’est juste de dire ça car je ne l’ai jamais ressenti comme ça. Mais je sais qu’il y a quelque chose de l’ordre de la complainte sur les premières chansons. Je n’avais pas envie qu’on se dise à la sortie du disque : «  La vache, c’est hyper plombant ! »  J’avais envie que l’on puisse naviguer dans quelque chose, avec un panel d’émotions, de couleurs et d’ambiances plus large. Il y a des chansons d’amour et des choses plus douces.

Ta voix me rappelle beaucoup celle de Loïc Fleury, le chanteur d’Isaac Delusion.  Quels sont les chanteurs à voix qui t’ont marqué étant plus petit ?

Il y en a un avant tout le monde qui m’a mis une décharge électrique étant enfant. C’est Freddie Mercury. C’est absolu pour moi ! Grâce à Queen et à la voix de ce type, devenir chanteur m’est apparu comme une évidence. J’adore aussi la voix de Bradford Cox qui est le leadeur du groupe Deerhunter. Celle de Ben Shemie, le chanteur de Suuns et Kurt Vile aussi. Des voix importantes pour moi !

Sur ce futur opus, tu as collaboré Jean-Sylvain Le Gouic (chanteur de Juveniles). Comment s’est faite cette rencontre ?

Jean-Sylvain est un ami de longue date. On s’est rencontrés à l’époque de Rhum for Pauline, on a joué pour la première fois ensemble en 2008 ou 2009. Ça date vraiment ! Et puis, on est jamais restés bien loin puisque, étant à Nantes et lui à Rennes, on s’est mainte et mainte fois croisés. Il a été très proche et d’une grande bienveillance avant que je ne sorte quoi que ce soit avec Lenparrot. On s’est vraiment retrouvés à ce moment-là. Humainement, j’adore ce type et artistiquement, je le trouve brillant. Je suis amoureux de sa voix. Ayant une voix assez typée, je trouvais ça important de la mettre en relief, de trouver des contrechamps avec d’autres personnes, et c’est beaucoup mieux avec les amis des amis ! J’ai invité Jean-Sylvain à plusieurs reprises sur le disque parce que je trouvais ça agréable. J’aime à croire que nos voix se marient bien.

Et avec Yuksek ?

Justement, c’est grâce à JS que j’ai rencontré Yuksek. JS m’a fait la surprise de venir à un concert, à Paris, à la fin de l’année dernière. J’étais justement à la recherche de quelqu’un pour mixer le disque à ce moment-là. En faisant connaissance avec Pierre, alias Yuksek, je lui ai raconté un petit peu où j’en étais. Je commençais réellement à être embêté de ne trouver personne pour s’occuper du mixage. Et puis voilà, avec élégance et nonchalance, Pierre s’est proposé. (rires) J’avoue que j’étais un peu bouche bée sur le coup. Je ne pensais pas à lui et je ne pensais même pas qu’il aurait l’envie ou même le temps. C’est une très belle surprise et une très chouette rencontre. Je suis comblé par le travail qu’il fait.

Ton nom de scène « Lenparrot » est tiré d’un morceau de Baxter Dury. Ta musique est-elle un moyen de déclarer ta flamme à toutes les personnes qui t’inspirent ?

Oui, c’est vrai ! Je suis très attaché à la notion de référence. Il y  a un adage qui veut que tout soit déjà écrit, composé et fait. Ce qui est intéressant, c’est l’incessant remodelage et la constellation consciente ou non, qui se fait à travers les époques, les styles, la manière de chanter, composer et d’arranger une chanson. Il n’y a pas trente milles notes de musique. C’est sûr qu’en plusieurs siècles, et surtout dans la pop music, on a plutôt été bien fourni. Je trouvais ça intéressant de revendiquer  certaines références, comme un clin d’œil. J’aime les revendiquer car ce sont toutes ces identités et ces influences-là qui me constituent. Que ce soit le choix de Lenparrot en référence au premier album de Baxter Dury, ou de nommer ma chanson Gina en référence à Gina Rowlands et aux films de Cassavetes.

Ton rapport à l’image fait également partie intégrante de ton univers. Le joli clip de ton morceau « Monday Land » en est la preuve. Peux-tu m’en dire un peu plus ?

C’est ce que j’appelle la synesthésie. La musique a quelque chose d’extrêmement visuel. Souvent, en pensant à quelque chose que j’ai vu préalablement, comme une peinture ou un film, j’ai vraiment quelque chose qui tient du visuel. J’aime bien concevoir une chanson comme une bande son imaginaire que je me ferais dans ma tête. C’était très important de soigner tout ce qui allait entourer mes chansons. Que ce soit avec Elsa et Johanna, qui sont à la direction de mes clips et qui, elles aussi, ont cette exigence de concevoir de véritables courts-métrages, et non pas de simples clips promos. Elles sont photographes et vidéastes à la base, plus que réalisatrices. Ça nous touche beaucoup de pouvoir marier nos univers comme ça. Depuis le départ, travailler avec Grégoire et Anne, du collectif À deux doigts, pour les visuels, me permet de raconter un univers et de le prolonger grâce à leur talent.

Ashley TOLA

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