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Octave Noire

Octave Noire
 
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Patrick Moriceau n’est pas nouveau dans la famille de la chanson française. Auparavant il officiait sous un autre pseudo mais il reprend désormais du service avec Octave Noire. Avec Neon, son dernier album, il réussit à moderniser la variété française en y mêlant habilement les musiques électroniques. Rencontre.

RAJE : Qui se cache derrière Octave Noire ?

Octave Noire : J’ai sorti plusieurs albums déjà sous le nom d’Aliplays. Je suis plutôt musique électronique dans l’ensemble mais à la base je voulais faire des musiques de film. Je pense que ça s’entend un petit peu dans mon dernier album où il y a beaucoup d’ambiances. Créer et jouer avec les sons électroniques a toujours été ce qui m’a motivé dans ma musique. C’est cette liberté là qui m’a toujours plu dans ce genre musical. Octave Noire est un mélange de musique électronique et d’instruments orchestraux qui permettent d’exprimer beaucoup de choses autant dans la puissance que dans la finesse.

Cette dualité artistique se retranscrit-elle dans ton choix de nom de scène ?

Alors oui, cela a un lien avec ma musique. J’essaye de faire une musique assez axée sur le sensoriel et l’impressionnisme. Du coup, le nom Octave Noire m’a plu. L’octave se rapporte au son car c’est un intervalle entre deux  notes en solfège et noir est la couleur. C’était une façon d’allier l’ouïe et la vue.

Neon a un côté très élégant mais aussi très sombre. Comment s’est fait ton premier album?

Il s’est fait sur la durée, il y a des titres qui sont relativement anciens. Il n’y a pas de recette. C’est vraiment selon les instants, les humeurs, ce que je peux entendre à la radio, une ligne mélodique qui va m’inspirer ou un son de batterie qui m’emmène quelque part. Quand je commence un morceau, je ne sais jamais où il va m’emmener à la fin. C’est vraiment lui qui décide et c’est pour ça que mes titres sont parfois un peu décousus comme Tes Yeux tes Mains tes Lèvres. Cette chanson a trois parties très distinctes qui sont vraiment très marquées, car au moment où je l’ai composée ça s’est passé comme ça. Il n’y a pas de plan préétabli quand je compose.

Est-ce l’album d’un homme amoureux ? Quand j’écoute le morceau La Neige en Été par exemple c’est ce qui transparait…

Oui, c’est le cas (rires). Je ne sais pas si c’est ça le moteur. En tout cas, c’est ce qui se passe dans ma vie qui influence ma musique. Donc oui certainement à un moment ou un autre, ça a transpiré dans les musiques et les paroles.

Pourquoi avoir choisi d’appeler ton album Neon ?

Le néon est un gaz rare qu’on trouve dans l’univers. Je m’intéresse beaucoup à ce qui se passe dans l’astronomie, ce qui nous dépasse un peu qui nous ramène à notre condition humaine. C’est ce côté infiniment grand mais c’est aussi le néon tout pourri qu’on va trouver dans le bar d’en bas, une laverie, une salle d’attente et dans les endroits les plus banals du quotidien. C’est l’infiniment petit de notre condition humaine. C’était pour relier ces deux extrêmes là. Nous sommes entre les deux, même si nous sommes plus près de l’infiniment petit. J’aime bien l’idée qu’on vient  aussi de l’infiniment grand et qu’on fait partie de ce grand tout.

Les extrêmes font partie intégrante de ton univers. Tu as une sorte de bipolarité artistique avec l’ombre et la lumière, la musique électronique et le classique. C’est le fil rouge de ton album ?

Oui, c’est tout à fait ça ! C’est le thème du single Un Nouveau Monde qui parle de ça, d’une seconde, d’une éternité. A travers ça, je souhaitais exprimer le fait que chaque être humain est un univers à lui tout seul. Il a, à l’intérieur de lui, l’univers puisqu’on est issu des étoiles au sens propre et nous sommes chacun unique. La naissance d’un monde, c’est la naissance d’un être humain aussi. Il faut une seconde pour faire une personne et 100 millions d’années pour créer un univers. Avec des mots très simples, j’essaye de dire que tout ça est lié et proche.

Les influences de Neon sont très diverses. On retrouve de la musique électronique et classique mais aussi du rock et du disco. Sur le morceau My Hand in Your Hand, je ressens l’influence de la Côte d’Ivoire où tu y as vécu pendant de nombreuses années.  D’où viennent-elles ?

Je ne suis plus tout jeune donc j’ai pas mal d’influences à mon actif. J’écoute beaucoup de musiques très différentes les unes des autres.  Je suis très fan de la variété, il y a des morceaux de disco que j’adore mais aussi de la musique africaine. J’aime beaucoup le kora que j’utilise dans ce morceau. J’ai pas mal écouté cet instrument magnifique qui ressemble à une harpe africaine. J’avais envie de l’utiliser pour un morceau en introduction pour son côté cristallin très léger et très proche du blues américain. Je ne me mets pas de barrières quand je commence un morceau. C’est vraiment très ouvert du coup et tant mieux ! Je ne me bride pas au niveau des influences.

On parlait de cinéma… Les morceaux Belem Belem et La Sainte Nuit seraient idéals pour une bande originale de film. Ils me rappellent aussi Melody Nelson de Gainsbourg avec ses instruments à cordes. Quel est ton rapport au cinéma et à cet artiste ?

Au grand Serge ? (rires) J’aime beaucoup Serge Gainsbourg notamment Melody Nelson mais aussi L’Homme à la tête de Chou. C’est magnifique, tout a été dit sur ces albums. Ce sont des chefs-d’œuvres ! Mais moi, ce qui m’intéresse dans les chansons, c’est avant tout les arrangements et la façon dont ils ont été orchestrés. Il y a peut-être dans la Sainte Nuit un hommage appuyé à Gainsbourg. Je m’inspire clairement de lui mais je ne m’en cache pas. C’est beau tout simplement. Par rapport à la musique de film, j’ai toujours voulu en faire. J’ai fait de la musique pour des pubs et des documentaires parce que c’est tellement riche. La musique a un rôle tellement important dans les images, on peut, avec une note, donner tellement d’intentions différentes à une même image. C’est vraiment quelque chose de passionnant. La musique est un vrai troisième personnage dans un film. J’ai essayé de lui donner le premier rôle.

Dans tes chansons, on est plus happé par la musique que par les paroles. Elle prend une place plus importante que dans une chanson classique…

Oui, je suis musicien et producteur de musique à la base. J’ai toujours composé pour d’autres personnes pour des courts-métrages, des pièces de théâtre et des documentaires. C’est ça le centre de mon activité d’artiste. Les paroles viennent après pour souligner la musique. C’est l’inverse dans la variété, où la musique est là pour souligner les paroles. C’est peut être un défaut mais je ne me considère pas comme un auteur. J’écris des textes car ma musique en a besoin. J’aimerais que mes morceaux puissent se suffire à eux-mêmes. Mes précédents albums étaient à 80% instrumentaux et c’est assez récemment que je me suis mis à écrire en anglais pour me cacher un peu. Pour Neon, j’ai écrit en français car mes influences de chansons françaises ont été assumées. Ça m’a donné envie d’écrire dans la langue de Molière. J’aime beaucoup Jacques Higelin, Véronique Sanson, Michel Berger, Hubert-Felix Thiefaine, Benjamin Biolay et Brigitte Fontaine. Ce sont des artistes que j’ai beaucoup écoutés. Peut-être que ça m’a pris du temps mais maintenant j’essaye de marcher dans leurs pas.

Selon toi, quel est le meilleur moment pour écouter ton album ?

Ce serait dans un avion lors d’un vol au-dessus des nuages avec un soleil couchant (rires).

Ashley TOLA 

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